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28 novembre 2008

Il fallait pas balancer, Pieter De Crem

UPDATE : l'information a été relayée par Robin Wauters sur TechCrunch... L'Affaire s'internationalise (rires). Le titre, à lui seul, résume bien cette histoire : When Everyone Is A Blogger, Nothing You Say Is Off The Record.

Il ya quelques jours, je relayais une information provenant d'un blog d'une jeune femme travaillant dans un bar à New York. La jeune fille a, dans un premier temps, relaté des déclarations qui proviendraient d'un membre du cabinet de Pieter De Crem (CD&V), notre ministre de la Défense. Ensuite, dans un autre post, celle-ci aurait annoncé qu'elle s'était fait virer...

Jusque-là, je ne vous apprend rien de neuf. Mais voilà qu'hier Pieter De Crem a été interpellé à la Chambre par son précédesseur à la Defense, André Flahaut (PS), David Geerts (SP.A) et Wouter De Vriendt (Groen!) sur sa visite aux Etats-Unis. Les trois députés ont notamment demandé s'il était exacte qu'il avait été prévenu avant son départ que l'essentiel de ses rendez-vous étaient annulés. Ils ont aussi fait allusion aux informations relatives au fait qu'il s'est "laissé aller" dans un bar où il avait semble-t-il bu un peu trop de verres. "C'est dommage. Un ministre doit faire attention", a dit à ce propos M. Flahaut.

decremflahaut_vidal_belga.jpg

Le ministre a qualifié cet épisode de "non event" tout en soulignant le danger de l'évolution des techniques qui a pour conséquence que quelqu'un peut écrire n'importante quoi sur un blog. "Tout le monde ici est une victime potentielle de ce genre de chose. Nous devons y refléchir", a dit le ministre. Après les répliques, il a indiqué qu'il avait demandé au service juridique de la Défense de voir comment il pouvait défendre son honneur dans cette affaire.

Bloggen gevaarlijk fenomeen ?

Voilà donc un ministre de la Défense qui s'attaque, un peu comme le fait la droite européenne (France en tête...), à la blogosphère terreau de toutes les infamies... sans se rendre compte qu'elle n'est que le simple reflet de la vie quotidienne. Comme on peut le lire chez Denis Balencourt : "Envisager l’expression du citoyen via les blogs comme un danger, renvoit l’image d’une classe politique dont la présence en ligne est déficitaire, qui ne conçoit pas le bouche à oreille comme le plus rapide véhicule de l’information et qui s’étonne que ses errements soient colportés et donc discutés."

Ce blogueur n'est pas le seul à réagir en Belgique. On peut dire que les déclarations de Pieter De Crem ont fait réagir tant au Nord qu'au Sud du pays. C'est ainsi qu'on lui ressort des photos où il boit un coup (rien de grave), vidéo (où il parle d'omelette). Rien de grace en soi. Mais c'est un premier signe pour montrer que les blogueurs belges n'ont pas très bien pris les propos dudit ministre.

Sur Twitter, les messages se suivent les uns après les autres (tant en français qu'en néerlandais), alors que les posts à ce sujet apparaissent ici, , encore ici ou encore là-bas. Damien Van Achter, lui, se pose une question : "Je m’interroge sur la nature de la réflexion que M. De Crem veut mener à propos du "danger de l’évolution des techniques qui a pour conséquence que quelqu’un peut écrire n’importe quoi sur un blog" ? Sa dernière phrase, à propos de la "défense de son honneur", ne laisse quant à elle planer aucun doute sur les suites judiciaires qu’il souhaite donner à ce non-événement."

La modeste (en taille ;-) blogosphère belge réagit donc, unie, a ce qui semble être une première porte ouverte à une volonté de contrôle étatique de l'Internet. Au lieu de participer à cet autre pan de la société qu'est le Net, le contrôle semble donc être la seule possibilité que trouvent nombre de politiques pour répondre à un phénomène qui les dépasse.

Maintenant, il faut voir quelles seront les suites. Il y a des chances pour que nous ayons assisté à une réaction épidermique d'un homme blessé. Qui se rappelera qu'avec des GSM, des petits appareils photos et des claviers, il est possible de répercuter de nombreuses choses...

Crédit photo : Belga / Eric Vidal.

Trackbacks

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Commentaires

"Défense de l'honneur" ou "Honneur de la Défense" ? (Pour ça, faudrait déjà en avoir!)
Je crains surtout qu'il veuille contrôler ce qu'il se dit..
Et puis, qualifier de danger ce qui pourrait être écrit sur les blogs, me semble en soi déjà une atteinte à la liberté d'expression !

Ecrit par : k@v@! | 28 novembre 2008

De Crem Démission !

Pour une fois qu'on en prend un sur le fait il ne faut pas lâcher l'os.

Enfin quoi, il fait un mini trip aux USA pour y faire la Java avec notre argent et nous devrions passer l'éponge ?

La note s’élève à combien ?
Il va rembourser ?

J'en ai plein le dos de cette bande de menteurs carriéristes incompétents et racketteurs professionnels, et ça vaut pour tous les partis qui ne valent guère mieux dès qu'il s'agit de froucheler un peu pour le compte.

Je pense aussi à cette gamine qui a perdu sa place, aujourd'hui perdre son boulot c'est un drame. Ce De Crem n'a vraiment pas d'honneur, comment des gens avec aussi peu d’éthique et de morale peuvent t’il prétendre à d’aussi hautes fonctions et être élus ?

Notre système est à revoir de fond en comble, il faut des sièges éjectables qui permettent de virer fisa les De Crem et consorts.

Si les électeurs cessaient de voter comme des veaux aussi...

En tous cas moi aux prochaines je n’irais plus voter……

Ecrit par : Pica | 28 novembre 2008

C'est vrai que la vie politique risque de changer grâce au web et à la technologie. Nous avons eu l'épisode Sarkozy, filmé à l'insu de son plein gré répliquant à un quidam, qui avait refusé sa main tendue par un assez grossier "Ne me touche pas, tu me salis", par un "Casse toi alors, pauvre con" très peu politiquement correct... On se souviens également de Ségolène Royal, narquoise vis à vis d'une militante qui souhaitait s'exprimer à l'occasion -sic- de ses consultations citoyenne. On peut également mentionner Mitt Rommney, qui était apparu tout à fait insensible face à un cancéreux en fin de vie et en chaise roulante qui l'interpellait à propos du cannabis thérapeutique.

La révolution en marche, c'est que les "people" dont font partie les politiques seront désormais en permanence sous la surveillance de citoyens-preneurs d'images, blogueurs, organisés en réseau. Et cela change tout car il n'est plus simplement question d'apparaître "politiquement correct"...il s'agira désormais d'être "politiquement correct" ou en tout cas d'être prêt à assumer ses dérapages. Certains, comme Michel Daerden, ont même construit leur popularité sur ceux-ci.

Dans le cas qui nous occupe, on ne peut s'empêcher de songer à la pauvre barmaid, qui a vu son emploi s'envoler (je ne suis quand même pas trop inquiet pour elle... dans l'horéca le turn over est important et elle a d'autres qualités) mais aussi que Pieter De Crem n'a décidément pas compris les nouvelles règles du jeu...je suis d'avis qu'on ne tardera pas à lui offrir une session de rattrapage. :-)

Ecrit par : Philip Hermann | 28 novembre 2008

C'est vrai que la vie politique risque de changer grâce au web et à la technologie. Nous avons eu l'épisode Sarkozy, filmé à l'insu de son plein gré répliquant à un quidam, qui avait refusé sa main tendue par un assez grossier "Ne me touche pas, tu me salis", par un "Casse toi alors, pauvre con" très peu politiquement correct... On se souviens également de Ségolène Royal, narquoise vis à vis d'une militante qui souhaitait s'exprimer à l'occasion -sic- de ses consultations citoyenne. On peut également mentionner Mitt Rommney, qui était apparu tout à fait insensible face à un cancéreux en fin de vie et en chaise roulante qui l'interpellait à propos du cannabis thérapeutique.

La révolution en marche, c'est que les "people" dont font partie les politiques seront désormais en permanence sous la surveillance de citoyens-preneurs d'images, blogueurs, organisés en réseau. Et cela change tout car il n'est plus simplement question d'apparaître "politiquement correct"...il s'agira désormais d'être "politiquement correct" ou en tout cas d'être prêt à assumer ses dérapages. Certains, comme Michel Daerden, ont même construit leur popularité sur ceux-ci.

Dans le cas qui nous occupe, on ne peut s'empêcher de songer à la pauvre barmaid, qui a vu son emploi s'envoler (je ne suis quand même pas trop inquiet pour elle... dans l'horéca le turn over est important et elle a d'autres qualités) mais aussi que Pieter De Crem n'a décidément pas compris les nouvelles règles du jeu...je suis d'avis qu'on ne tardera pas à lui offrir une session de rattrapage. :-)

Ecrit par : Philip Hermann | 28 novembre 2008

"quelqu'un peut écrire n'importante quoi"

Un autre exemple ? ;-)

Cela commence avec le refus de l'expression des votes, de la liberté d'expression ... chaque déni de démocratie est important à relever pour permettre de la conserver.

Ecrit par : himself | 28 novembre 2008

En France où l'ère du numérique semble parfois se résumer aux taxes sur les communications et à la télévision haute définition, certains experts parlent d'hyper-terrorisme ou, dans des blogs, de cette capacité de "nuisance" que peut avoir un simple individu muni d'un clavier, d'un cerveau et d'un accès internet. Certains pensent que ce "problème" pourrait être résolu par une charte et un label à afficher sur des sites internet "de confiance", délimitant ainsi un espace "autorisé".

> C'est vrai que la vie politique risque de changer
> grâce au web et à la technologie.

En France, nos politiciens en ont pris conscience en 2007, après avoir mené campagne off-line. Récemment, des observateurs étaient aux US pour suivre et rapporter comment y ont été menées les campagnes des présidentiables. La campagne d'Obama a plus particulièrement marquée les esprits.

Ecrit par : Bruno Kant | 29 novembre 2008

TEMPETE DANS QUELQUES VERRES DE BIERE
Seulement parce que vous êtes plusieurs à le demander et que je n’ai pas grand-chose à faire en attendant ce soir, voici ma contribution au grand débat belgo-belge de la semaine. Pour le contexte, voyez ici et ici.

De Crem, il se défend juste comme il peut, il n’est pas en train d’annoncer qu’il va censurer le net ou prendre des mesures contre les blogs ! D’ailleurs, il a raison quand il dit que n’importe qui raconte n’importe quoi en toute impunité. Un blog, c’est de l’édition et l’édition, c’est une responsabilité sur ce qui se publie. De Crem épinglé saoûl par un blog, c’est fondamentalement la même chose que Castaldi en string en couverture de Voici. La nuance, c’est le nombre de lecteurs. Et alors?

Lorsque l’on avance publiquement quelque chose, la moindre des choses, c'est de l’assumer, même lorsque ça tourne en couille !!! Voici l’assume, la bloggeuse n’a pas les moyens de l’assumer et en fait les frais. S’agit-il d’une grave pression sur la liberté d’expression ? Non, il s’agit de quelqu’un attaquant une édition (même confidentielle et en ligne) parce qu’il estime son image salie. Là, ça déconne parce que l’on est dans une configuration far-west mais il est clair que d’ici quelques années, ce sera le genre de truc qui se règlera au tribunal, comme avec n’importe quel média.

Sans excuser la bande à De Crem pour avoir semble-t-il fait virer la gonzesse par son patron, je dirais quand même que selon moi, il est un autre truc que pas mal de bloggeurs oublient dans leurs grands cris pseudo-éthiques. C’est que dans l’horeca, il est un règle implicite qui consiste à ne pas cafter sur le comportement des clients. C’est bien joli ce que nous sortent tous ces bloggeurs au sujet de la liberté d’expression que l’on assassine mais si demain, je photographie la tronche d’un Denis Balencourt en train de sniffer de la coke sur le cul de Brice Le Blevennec au Bar du Matin tandis que je deejaye, je me demande tout de même vachement quelle serait leur réaction ! En d'autres termes, ca va deux secondes, le préchi-prêcha à géométrie variable...

Ecrit par : Le petit rapporteur | 29 novembre 2008

> ce sera le genre de truc qui se règlera au tribunal,
> comme avec n’importe quel média.

Ce qui se pratique déjà en France, depuis de nombreuses années. Des poursuites ou des actions en justice contre de la friture comme contre de gros poissons ne sont pas rares. Aujourd'hui, c'est un ex PDG du journal Libération qui découvre certains rouages pour quelques mots qui ont été écrits sur le site de Libération, en réaction à un article du journal.

Ecrit par : Bruno Kant | 29 novembre 2008

'rci, m'sieur Coosemans.
Je me demandais si j'étais tout seul.

Ecrit par : Thierry Schollier | 30 novembre 2008

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